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Delcroix, Angélina – Synopsix

Mallory la rebelle, l’impulsive, fut, dès ses 18 ans, reniée par son père.
Après avoir galéré dans la rue, elle accepte un emploi de serveuse mais s’accroche sans cesse à une patronne teigneuse. Aussi quand elle reçoit une invitation à un jeu qui consiste à résoudre un crime encore non élucidé, assorti d’une somme rondelette, elle s’y jette les yeux fermés. Droguée, elle est alors emmenée, en plein l’hiver, dans un manoir délabré sans eau ni électricité. Cinq autres participants vont progressivement échouer en ce lieu morbide où les nuits sont parsemées de cris et de vents violents. Très vite, la méfiance s’installe entre les six protagonistes, les consignes qui leur sont transmises suintent de menaces, la peur grimpe, grandit encore quand ils sont confrontés aux scènes de crime tellement réelles
Mais désormais toute fuite s’avère impossible, voire même dangereuse.
Pendant ce temps, une écrivaine réécrit le scénario de son livre à paraître…

Si à l’instar de ses précédents romans, l’écriture et le rythme sont toujours excellents, l’histoire, bien construite mais fortement tirée par les cheveux, exige du lecteur une bonne dose de crédulité et de bonne volonté,
Et la fin qui devait faire choc, laisse encore plus interloqué.

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Garcia Sáens de Urturi, Eva – Le silence de la ville blanche

Pays Basque Espagnol.  Dans une cathédrale en réfection, les ouvriers tombent sur deux cadavres nus, la main posée sur la joue de l’autre, asphyxiés par les piqûres d’abeilles introduite dans leur bouche.
Cette mise en scène rappelle d’autres crimes commis 20 ans plus tôt où l’eguzkilore (la fleur de chardon) basque, l’âge des victimes et le lieu de leur exécution constituaient des symboles énigmatiques
Or Tasio, l’auteur présumé de ces crimes est toujours incarcéré. A-t-il donc été condamné à tort, lui qui fut arrêté par son propre frère jumeau Ignatio, alors policier ?
En apartés nous revenons sur le passé des jumeaux, au temps où le noble statut de leurs parents cachait bien des secrets et des souffrances.
Tandis que les fêtes locales battent leur plein, les inspecteurs Unai Lopez de Ayala, surnommé Kraken et Estibaliz Ruiz de Gauna tentent de démêler cette véritable toile d’araignée constituée de leurres, de fausses pistes et d’écueils dans lesquels le maître d’oeuvre, un tueur machiavélique et multiface, les entraîne et les piège

Une belle qualité d’écriture.
Des personnages nuancés mais peu attachants, avec quelque chose de froid et de figé en eux.
Une intrigue prenante et complexe, chargée d’un passé qui lui donne de la profondeur, mais par moments trop profuse.
Au final donc, un très bon premier livre, et une auteure à suivre

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Mayeras, Maud – Hématome

Amnésique, sans nom, elle se réveille dans une chambre d’hôpital avec, à ses côtés, Karter, ce compagnon dont elle n’a aucun souvenir. Au cours de ces jours de souffrance, Emma, car tel est son nom, apprend qu’elle a été agressée et violée avec une sorte de harpon qui a détruit son foetus.
Forcée de quitter l’hôpital, la jeune femme part, guidée par Karter, dans leur appartement où son chat handicapé l’accueille en fête.
L’amnésie a jeté Emma dans une grande désolation, cependant des flashs lui parviennent, vestiges d’un passé inquiétant qu’elle offre à Karter et qu’il lui rend dans un contexte rassurant
Quand elle ose enfin se regarder dans un miroir, Emma découvre les ailes tatouées sur son dos et brusquement Trax, son ami tatoueur, son amour, lui revient en mémoire. Où est-il? Son évocation met Karter en fureur.
Mais bientôt, d’autres bribes de souvenir ressurgissent: sa toxicomane, son ami qui l’en sauve, sa clinique vétérinaire, l’échec et la ruine, un père en vie.
Remise sur pied, Emma décide d’aller revoir ce père et cette clinique.

Un suspense palpitant où les questions obtiennent des réponses suscitant d’autres questions, où la vérité se glisse entre intuitions, allusions et non-dits. Malheureusement cette intrigue, assortie d’une fort belle écriture, s’échoue dans un final fracassant et démesuré

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Renand, Antoine – Fermer les yeux

Tassi est gendarme et fort porté sur la boisson jusqu’au jour où, ivre, il provoque un accident qui tuera sa fille. Couvert par ses supérieurs, il garde son poste mais noie sa culpabilité dans l’alcool au point de perdre sa femme partie avec son fils, et de bâcler son travail.
Un jour, une jeune fille de la région disparaît. S’en revenant d’une vaine battue, le gendarme aperçoit en contrebas un homme près d’un trou. Curieux, il descend et tombe sur le marginal de la région portant dans les bras la jeune fille recherchée, morte suppliciée. Tassi menotte l’homme hébété et lui soutire des aveux après des jours d’interrogatoires soutenus.
Cet homme, Gabin Lepage, écologiste avant l’heure et détesté de tous, sera condamné après un procès expéditif
14 ans plus tard, la gendarmerie déterre une jeune fille ayant subi les mêmes tortures que la première. Quand Tassi, entre-temps retraité et sobre, veut signaler ces similitudes, on lui rit au nez Déterminé à se racheter et à disculper Lepage, Tasse appelle l’avocate en charge de la révision de son procès ainsi que Nathan Rey, un écrivain spécialiste des tueurs en série. Libérer l’innocent et traquer le véritable tueur seront leurs priorités.

Libéré de son côté Spiderman de l’Empathie, Renand creuse davantage ses personnages, nous offrant des tueurs toujours monstrueux, mais davantage crédibles, et des personnages aux nombreuses couches, où la lâcheté peut s’ouvrir sur le courage, et le courage cacher la noirceur.
Bien écrit et agréable à lire, ce livre reste néanmoins peu original dans sa thématique et dans sa dénonciation de la gendarmerie

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Jonquet, Thierry – Mygale

Ce livre se présente sous forme de courtes scènes apparemment sans liens.
Il y a Richard Lafargue; ce brillant chirurgien esthétique séquestre Eve, une femme superbe, dans son luxueux manoir où elle s’adonne au piano et à la peinture Régulièrement il l’oblige à se prostituer de la façon la plus abjecte puis l’entoure de prévenances.
Il y a Alex, un voyou pas très futé, en cavale depuis un braquage qui a mal tourné. Il vit dans une cache d’où il ne sort qu’avec crainte.
Il y a Vincent qui, 4 ans plus tôt, fut pourchassé, capturé et enchaîné par un inconnu qu’il surnomme la mygale
Et puis, il y a Viviane, enfermée dans un hôpital psychiatrique et sujette à de violentes crises autodestructrices
Le destin de ces 5 personnes est lié, pour le pire.

Malgré son écriture plutôt médiocre, ce livre parvient fort bien à distiller une ambiance faite d’attirance et de répulsion, ce genre d’effet que produit la mygale. Nous sommes donc dans un livre mygale dans lequel 5 personnes sont emprisonnées, tout comme nous.
Et, sans être féministe, il est plus que vexant d’apprendre qu’être femme peut être considéré comme un châtiment !

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Robotham, Michaël -Traquées

Joe O’Loughlin, un psychologue renommé, est mandé par la police afin de dissuader une femme, terrifiée et nue, de sauter d’un pont. Elle tremble, le téléphone vissé à l’oreille. S’approchant, Joe entend une voix lui intimer de sauter, et elle saute.
Terriblement choqué, Joe est convaincu qu’il s’agit d’un crime, mais la police classe l’affaire comme suicide jusqu’à ce qu’avec Darcy, la fille de la morte, Joe reconstitue les faits et recueille des preuves
Quand une seconde femme est retrouvée nue, pendue par un bras et laissant derrière elle une enfant, Joe comprend la méthode du criminel
Et dès lors, la police sait qui est ce meurtrier. Issu des services secrets extrêmement doué et intelligent, il se glisse partout tel une ombre et a déserté l’armée lorsque sa femme et sa fille l’ont quitté.
Bien que la collaboration de Joe soit essentielle à la police, sa femme refuse qu’il s’engage ainsi au péril de leurs vies et de celles de leurs deux filles, mais Joe se sent déjà assez diminué par les avancées de son Parkinson, il ne peut en plus agir en lâche et démériter aux yeux de cette très belle femme qu’il aime

Narré par deux voix, celle du psychologue et celle du tueur, ce thriller se démarque par son déroulement purement psychologique puisque tuer ou capturer ne sont ici affaire que de maniement mental
On retiendra aussi le beau personnage de Joe, probe généreux, aimant et qui souffre, seul, son humiliation et sa peur d’une déchéance physique, A lire

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Sardou, Romain – Personne n'y échappera

Au moment où Frank Franklin, brillant professeur d’écriture, intègre la splendide université de Durrisdeer, le colonel Sheridan et son équipe déterrent 24 cadavres gisant dans une fosse. Ces victimes ont été tuées d’une balle dans le coeur ou sont décédées suite à d’effroyables sévices.
C’est alors que brusquement le FBI s’annonce, embarque dossiers et corps sans aucune explication et exige le silence absolu, assorti de menaces, sur cette affaire.
Contrarié, Sheridan, décide de poursuivre discrètement ses investigations. Il s’évertue à trouver le point commun entre ces victimes pour finalement en constater un : Ben O. Boz dont les livres décrivent avec précision les tortures dont étaient marqués plusieurs cadavres emportés par le FBI
C’est là que Sheridan fait appel à Frank Franklin afin de confirmer ou non sa théorie. Franklin hésite longuement. Et si, pour s’en assurer, il usait de son statut de jeune écrivain pour tenter de rencontrer Ben O.Boz ?

Rarement a-t-on vu tueur aussi parfait, aussi cruel, aussi redoutablement intelligent et même si, très vite, on connaît son identité, jamais le FBI ni la police n’ont pu l’acculer à commettre une faute ni à manquer d’alibis alors même qu’il opère absolument seul.
L’intelligence machiavélique de Ben O.Boz est le sujet de ce livre magistral qui, jusqu’au final, nous mènera par le bout du nez

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Barker, J.D. – Le quatrième singe

Dans un sanctuaire au Japon se trouve une sculpture qui représente trois singes se couvrant les oreilles, les yeux et la bouche. Ils illustrent les trois règles : ne pas voir le mal, ne pas entendre le mal, ne pas dire le mal. Le tueur aux 4 singes prend pour victime un proche de celui qui outrepasse un dernier impératif : ne pas faire le mal. À celui-là il envoie successivement trois petits paquets contenant une oreille, puis les yeux, puis la langue de l’être cher avant d’en abandonner la dépouille
L’inspecteur Porter poursuit ce tueur depuis des années quand enfin on découvre, dans les poches d’un homme s’étant donné la mort, le journal du tueur ainsi qu’un petit paquet contenant une oreille
S’agit-il de notre homme ?
À qui cette oreille appartient-elle ? Où donc est détenue la personne captive qui risque à présent de mourir de faim et de soif?
Et ce journal, dans lequel le tueur raconte son enfance et explique pourquoi il se devait d’accomplir ces crimes, est-il un piège destiné à l’inspecteur Porter ou la vérité ?

Avec un tueur redoutablement intelligent et un inspecteur désespérément courageux assisté par deux collèges amis, ce thriller passionnant, intelligent et d’une construction sans fautes mérite d’être lu par tous les amateurs du genre.

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Gustawsson, Johana – Sang

Espagne avant 1953. Cinq petites filles nées de femmes de résistants engrossées par les franquistes, puis abattues après leur naissance. Cinq petites filles parquées dans un orphelinat religieux, soudées dans cet enfer de la perversité et finalement séparées en 53 lorsque l’une d’elles est frappée à mort et que sa petite soeur, choquée, est transférée dans un asile.
Suède année 2016 la profileuse surdouée, Emily Roy, et la douce écrivaine, Alexis Castells apprennent, bouleversées, que les parents et la soeur d’Aliénor, la jeune stagiaire d’Emily qui souffre du syndrome d’Asperger, ont été poignardés et leurs langues tranchées.
Ils géraient une clinique de procréation médicalement assistée dont les résultats dépassaient de loin ceux des autres cliniques. L’enquête s’attache à découvrir la raison de tels scores en même temps qu’elle exhume d’autres meurtres similaires…

C’est une histoire de la douleur, celle dont on veut se couper en se coupant des autres, celle que l’on porte dans son coeur et qui fermente toutes les reconnaissances et tous les amours, et celle que l’on entretient pour cultiver la haine
C’est un roman d’émotions, telle cette perception d’une mère perdue avant d’avoir été connue « Simplement une étrange sensation qui bruissait au niveau de sa poitrine et la mettait en joie tout en la rendant triste »
Douleur et douceur s’entrelacent toujours dans l’oeuvre de l’auteure, mais davantage encore dans ce livre, ce fado qui pleure des larmes de sang

Koudero, Michaël – Des visages et des morts (ou Les enfants d'Érostrate)

Quand l’inspecteur Milan apprend que son ami d’enfance a été torturé, il demande à collaborer avec la capitaine Laura Esposito chargée de l’affaire. Prévoyant sa mort, l’ami avait déposé en lieu sûr une vidéo qui montre le supplice et la mort d’ une jeune femme.
Le corps d’une autre victime exécutée avec la même cruauté conduit les deux français en Belgique où opère le commissaire Adami. Ce dernier, plus âgé, tremble quand il réalise que les visages et les tortures infligées à ces femmes sont en tous points pareils à ceux des femmes détruites 24 ans plus tôt par « Le Borgne » aujourd’hui frappé d’un handicap
Pourquoi imiter à ce point les crimes du Borgne ? Comment le lien s’est-il instauré entre l’emprisonné et son copycat ?
Questionné, Le borgne se rengorge d’avoir acquis la reconnaissance. D’ailleurs qui mieux que la presse aura suscité cet engouement pour lui, le désormais célèbre tueur ? Désormais chaque frustré pourra se forger une notoriété en reproduisant ses crimes

Une bonne idée un peu maladroitement exposée, une écriture qui se cherche encore et des personnages aux caractères assez convenus, toutes choses pardonnables quand il s’agit d’un premier livre. Un auteur à suivre donc…