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Gazalé, Olivia – Le mythe de la virilité

Dès que l homme comprend son rôle dans la fécondation, la femme jadis maîtresse de l’engendrement est ravalée à un réceptacle passif , devenant sujette à ces extensionrs de pensée: sujet et objet, raison et passion, maîtrise et lascivité etc.
En contrepartie, l’homme est désormais contraint de prouver sa virilité s’il ne veut déchoir dans l’ impuissance, l’ homosexualité féminisante ou la défaite.
La monstration de la virilité était relativement aisée quand l’épouse non-impudique ne s’adonnait à des rapports que reproducteurs et surtout sans jouissance, mais le dernier siècle occidental exige en plus des hommes qu’ils fassent jouir la femme, dernière prescription hautement angoissante.
Aussi les moments entre hommes sont-ils si reposants, il suffit de raconter des exploits inexistants ou de faire du bruit, des vents, des rots, des crachats puissants, bref d’exhiber les signaux d’une puissance imaginaire

Chaque époque refonde les codes de la virilité en se basant sur une distanciation d’avec la femme qui incarnera toujours LA menace à la puissance virile
Pour échapper à cette dictature des sexes il faudrait cesser de percevoir l’humanité selon une binarité d’être imposant une binarité de conduites soi-disant naturelles et imprescriptibles alors que, bien sûr, la parole a toujours déjà aboli le naturel au profit d’un social variable

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L’Heuillet, Hélène – Tu haïras ton prochain comme toi-même

Voici quelques réflexions, parcellaires comme toujours, de et à partir de ce livre


Le nazisme, les nationalismes et l’islamisme radical ont pour fondement la haine et pour but la pureté de la race. Toutes combattent donc pour du biologique et non pour du symbolique. Toutes visent à l’Un, à la fusion sans tiers ni altérité qui entachent la pureté
La haine hait donc toujours l’autre (on devrait l’appeler allophobie plutôt que racisme)
Mais l’altérité est irrépressible. La visée de pureté doit tout détruire; quand l’autre est inatteignable, ce seront les mêmes qui seront visés dans la haine de leurs petites différences. Le besoin de pureté atteignant sa perfection dans le suicide, soit l’élimination de l’autre en soi . D’où la formule « Tu haïras ton prochain comme toi-même »,
Le but de toute guerre en vue d’une pureté nationale, religieuse ou autre n’est pas la victoire mais une destruction sans fin, elle est, en effet, alimentée par la pulsion de mort à l’état pur, dénuée de son pendant qu’est la pulsion de vie, elle s’attache donc également à encourager le déchaînement des pulsions les plus basses et les plus répugnantes, toutes pulsions émanant de Thanatos