Brundage, Elizabeth – Point de fuite

Titre original : The vanishing point
Traduction : Cécile Arnaud

Rye, Julian et Martha sont des élèves de l’école Brodski. Tous trois recherchent la célébrité, ce point de mire (mirage) qui cache et révèle en sourdine leur point de fuite, cet idéal, ce sens d’être et de vie qui ne leur apparaîtra, pour deux d’entre eux que bien plus tard.
Très jeune déjà, Rye se distingue par ses portraits pris dans une composition qui les humanise, Julian photographie des lieux vides de toute humanité, Magda prend sur le vif ses voisines, ces jeunes polonaises laborieuses qui connaissent la souffrance et les grandes joies partagées.
Seul Rye connaît la célébrité, et sa carrière brillante le jette et le perd dans son point de mirage. Julian, jaloux de la célébrité de Rye, ronge son amertume avec l’os publicitaire et ses richesses. Julian ira jusqu’à épouser sans amour Magda, le premier amour de Rye, dans un moment où la jeune femme est particulièrement fragile.
Magda suivra son point de fuite, plus limpide pour elle en tant que femme que la vie a éprouvée, elle vit pour sauver son fils de l’addiction dans laquelle il fut entraîné faute de point de fuite.
Un point de fuite est pourtant toujours déjà là, dès le départ, mais ne se découvre qu’après avoir perdu son ou ses points de mire.
Un tel point de fuite n’est pas soumis aux aléas du monde ; au contraire, il est alors plus que jamais précieux puisqu’il pousse l’homme à vivre dans le dépassement de soi, ce qui distingue sans doute le plus essentiellement l’homme comme digne de ce nom.
Un roman qui allie le trio du coeur, de l’intelligence et de l’écriture.
Un très grand livre.

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