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Joaquim, Carine – Nos corps étrangers

Ils quittent la ville dans l’espoir de redonner vie à leur couple, mais nulle villa de rêve ne répare l’amour mort et le lien brisé
Bien plus, la solitude des lieux et les longs trajets en RER creusent le fossé entre leurs deux corps étrangers habités de pensées désaccordées
Et dans le silence qui, pensent-il, les protège mais de quoi ? Ils demeurent ensemble par peur, par culpabilité, par devoir dans une vie qui est une lente agonie, mâchonnant leur ressentiment, mûrissant leur drame
Etrangers sont nos corps lorsqu’ils parlent une langue que nous ne comprenons pas et refusons d’entendre,
Etrangers sont ces corps qui mettent au jour notre terrifiant désir de nuisance : Handicapés, sans-papiers, personnes souffrant d’un délire, que nous rejetons et haïssons puisqu’ils sont ce qu’obscurément nous sommes dans la part la plus intolérablement souffrante de notre être
Tant de corps étrangers bouleversants, pitoyables, blessés que l’on a, davantage encore au sortir de ce livre, envie d’étreindre et de consoler