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de Roany, Céline – Vena Amoris

En pénétrant dans une grange où gît une jeune femme éventrée, Céleste Ibar voit surgir un gendarme gradé qui l’accuse de ce meurtre. Emmenée manu militari et questionnée, Céleste, éprouvée jusqu’à l’âme, raconte…
…Comment elle fut envoyée, avec son fidèle coéquipîer Ithri, dans cette région sauvage et marécageuse de la Brière suite au meurtre d’une jeune femme mutilée aux lieux de sa féminité avec, non loin d’elle, une alliance d’homme. Or, ce crime est en tous points similaire à celui d’une jeune femme découverte quelques mois plus tôt, toujours non identifiée
C’est affligée d’un gendarme d’abord accueilli avec réticence puis accepté et même apprécié que Céleste et son équipe vont suivre les pistes ouvertes par l’étrange modus operandi du meurtrier et par ce qui se dessine comme la typologie de ses victimes
Tandis que, dans cette nature ombrageuse, les chemins s’ouvrent sur des cabanes obscures et des restaurants de luxe, Céleste est confrontée à d’autres pressions liées à un ancien procès où la légitime défense prononcée en sa faveur se voit remise en question. De quoi raviver sa culpabilité dont on sait depuis Lacan que « Ce n’est pas le mal, mais le bien, qui engendre la culpabilité » 

Si l’on retrouve l’écriture superbe et le sérieux du travail de Céline de Roany, ses personnages se sont largement étoffés et colorés, Céleste en particulier est bouleversante quand la culpabilité, le doute et la douleur la poussent à s’éloigner de ceux dont elle a un besoin essentiel et à s’armer de dureté, cet envers de sa fragilité.
On se réjouit déjà de suivre ailleurs ce personnage tourmenté, contrasté et d’une rectitude absolue.
Notons aussi cette absence totale de préjugés qui descelle, entre autres, les grilles où s’enferment d’ordinaire nos conceptions de la féminité, de la maternité et de la filiation