Axat, Federico – L’opossum rose

Ce roman nous présente ce que signifie concrètement un chemin thérapeutique, chemin mais aussi labyrinthe mais aussi palais des glaces que Ted McKay va devoir parcourir pour atteindre l’atroce vérité de son histoire.
Car il y a des assassinats dans l’histoire de Ted
Avec l’aide et l’écoute active de sa psychiatre, Laura Hill, Ted va passer sans discontinuité des rêves à des illusions, des hallucinations à des souvenirs modifiés, des apparitions symboliques à des fictions réalistes, pour notre plus totale confusion.
Ce livre nous démontre comment, avec une inventivité dont la raison est dépourvue, l’esprit fabrique des scénarios illusoires destinés à protéger contre une vérité insoutenable
Au bout de ce chemin de douleurs, de culpabilité, de peurs et de souffrances, Ted s’ accomplira pleinement.
Remarquable, intelligent, exigeant, passionnant, exceptionnel, ce roman mérite d’être lu

Colize, Paul – Un jour comme les autres

Eric Deguide a fait du combat contre les dictateurs et trafiquants en tout genre le moteur de sa vie. Depuis près de deux ans il est porté disparu mais ni la police, ni Emily sa compagne qui l’attend et le pleure, n’ont la moindre idée de ce qui a pu lui advenir
Emily, trop éprouvée par cette attente, se retire dans un petit village d’ Italie où elle sera soutenue par un prêtre à l’écoute généreuse. Parallèlement elle s’est inscrite sur un forum dédié aux disparitions.
C’est la découverte du corps d’Eric tué par balle et la passion de vérité qui anime Fred, journaliste à Le Soir auprès d’Alain, qui va relancer la recherche sur les auteurs et le pourquoi de cet assassinat..
Ce roman est construit tel un puzzle dont les pièces défilent en un ordre discontinu pour s’agencer peu à peu en un premier panneau portant sur la résolution de l’enquête impliquant trafic et guerres et sur un second panneau portant sur la lente reconnaissance de la vérité si souvent combattue ou masquée par chacun et sur l’amour que seule cette reconnaissance autorise

Denjean, Céline – Le Cheptel

Une jeune femme vêtue à l’ancienne est découverte abattue d’une balle. Tout indique qu’elle fut victime d’une chasse à l’homme, du moins telle est la conclusion à laquelle parvient l’équipe d’Eloïse Bouquet déterminée à traquer les auteurs et plus encore les fournisseurs de cet ignoble trafic humain.
Bruno, 13 ans, chute accidentellement dans un torrent et parvient à se rattraper de justesse. Perdu et désorienté, il franchit un mur en espérant y trouver de l’aide mais tombe dans le domaine du Cheptel
Un vieux notaire apprend sur le tard qu’il naquit au coeur du vel’d’Hiver et fut sauvé en même temps que sa soeur jumelle. Décidé à retrouver cette soeur, il se renseigne mais perd sa trace au moment où elle fut conduite avec d’autres enfants juifs dans une vieille colonie pénitentiaire. Le notaire prend alors contact avec la propriétaire du lieu.
Ces trois voies (voix) nous conduisent à cet effrayant Cheptel en s’emmêlant habilement, ce Cheptel dont on perçoit qu’il n’est pas loin d’être un condensé de notre société.
Un livre passionnant, intelligent et, last but not least, fort bien écrit

Voltenauer, Marc – Le dragon de Murvaran

Au coeur d’un petit village des Alpes, un homme connu de tous est retrouvé couché sur l’autel du temple avec un poignard planté dans le coeur. Accroché au poignard, un message biblique dénonce la noirceur du mort. Quand un second meurtre similaire se produit, l’inspecteur Andréas Auer, homme égoïste, sûr de sa supériorité et autoritaire va chercher ce qui unit ces deux victimes au tueur dont les messages suggèrent très clairement une vengeance.
Parallèlement l’auteur nous donne à connaître l’enfance du tueur qui vivait dans ce même village. C’était un garçon sensible, doux, intelligent et très religieux et donc, comme on s’y attend, sans cesse harcelé et brutalisé par un quatuor de congénères de plus en plus violents. Quant à la famille du tueur elle rassemblait une mère dure et froide, un père écrasé et une fratrie indifférente à leur jeune frère. Et voilà pourquoi l’enfant devint un un tueur psychopathe.
Un livre peu convaincant écrit sans recherche stylistique

Desjours, Ingrid – Sa vie dans les yeux d’une poupée

Petite, Barbara n’a connu que les viols du père, le mépris et le rejet de sa mère. Son seul refuge sont ces poupées reçues du père après qu’il a obtenu son plaisir. Adulte, elle est restée l’esclave de cette mère sans coeur dans l’attente vaine d’un mot d’amour.
Lorsqu’un soir en rentrant un homme la viole longuement, Barbara se brise, se disloque telle une de ses poupées à travers les ordres de laquelle la jeune femme soumise dira désormais sa rage, sa haine et son horreur des hommes
Marc est un flic devenu cynique, dépressif et misogyne après avoir vécu l’enfer avec sa femme. Désormais il est prêt à tout pour mettre la main sur cette tueuse qui énuclée et torture les hommes qu’elle séduit, quitte à se proposer lui-même comme future proie, quitte à mentir, trahir, quitte à risquer sa carrière.
Un livre de folie, de rage et de laideur avec des moments d’espoirs mais qui ne sont jamais qu’illusions. Intéressant mais caricatural

Rich, A.J. – Ne mords pas la main qui te nourrit

Pour obtenir son master, Morgan s’est lancée dans une étude sur la victimologie dont l’hypothèse de base est que les victimes se distinguent par une compassion et une bonté hors du commun. Elle s’implique également dans la défense des chiens, et en possède trois, dont deux pitbulls doux comme des agneaux issus d’un refuge. Et enfin, elle est fiancée à Bennett, un garçon adorable et prévenant.
Tout semble merveilleux donc jusqu’au jour où, en rentrant chez elle, elle découvre Bennett déchiqueté à mort à côté de ses chiens bien vivants. Ces derniers lui sont alors retirés, mais Morgan ne les croit pas capables d’une telle violence
C’est en voulant les défendre devant la menace judiciaire de les exécuter qu’elle en vient, petit à petit, à découvrir tout autre chose : Elle n’était pas la seule fiancée de Bennett, loin de là , et certaines d’entre elles ont très très mal fini
Voilà un roman fort agréable à lire, avec quelques faiblesses de débutant certes, mais captivant pour qui s’intéresse aux chiens, original, prenant et sympathique (Un thriller sympa, vous avez dit bizarre !)

Walker, Wendy – Tout n’est pas perdu

Lors d’une grande fête entre jeunes, Jenny Kramer, quinze ans, est sauvagement et longuement violée alors qu’elle se retirait un moment au jardin. Les parents de Jenny se voient alors proposer un traitement qui effacera sélectivement la mémoire du trauma chez leur fille . Ils acceptent mais suite au traitement, Jenny reste habitée d’angoisses, de rages et de douleurs qu’elle ne parvient plus à rattacher à un souvenir, si bien qu’elle tente de se suicider. C’est à la suite de cette alarme que les parents font appel à un psychiatre déterminé à rendre la mémoire à Jenny, un psychiatre fin, intelligent et doué mais impliqué de diverses manières dans l’histoire de sa patiente
Ce livre est captivant de bout en bout grâce à Alan Forrester, le psychiatre narrateur qui, bien qu’il joue allègrement avec l’éthique de son métier, dévoile néanmoins avec bonheur et lucidité la richesse et la profondeur de la psyché humaine