Delacourt, Grégoire – Mon Père

Le synopsis est simple : Un père explose de colère contre un prêtre qu’il soupçonne d’avoir abusé sexuellement de son jeune fils, Sa fureur l’entraîne à la violence, puis à la torture sur la personne de ce prêtre
Ce livre, nonobstant ses qualités littéraires qui ne m’ont pas frappée et sa thématique de dénonciation, est un tissu de sophismes, ces faux raisonnements et dévoiements de la vérité qui visent à semer la confusion et opérer l’inversion des valeurs
L’auteur nous abreuve ainsi de comparaisons entre l’enfant abusé et Isaac, le fils d’Abraham qui font injure aussi bien au texte ancien qu’ à l’enfant victime d’abus sexuels. Ainsi par exemple : Comparer le silence d’Isaac qui accorde toute sa confiance au père, à l’indicible et muette souffrance de l’enfant soumis à la perversion d’un prêtre, est une tromperie et un abus de texte
Tel un Torquemada moderne, le père de l’enfant use de la torture pour extorquer des aveux précis, qui, comme la psychanalyse nous l’a appris, reproduisent verbalement l’acte pédophile et nous laissent donc suspecter un voyeurisme malsain chez le père.
Enfin la vengeance est confondue avec la justice, et la justice avec l’injustice
Au final, comble de la perversion, non sexuelle mais mentale, l’enfant n’aura pas été soulagé et son violeur n’aura pas été inquiété
La vengeance et la colère ne réparent rien, seul le pardon imploré par le fautif lui-même et accepté par la victime elle-même le peut; aucun intermédiaire ne pouvant s’arroger le droit de se substituer au fautif ou à sa victime, sauf à parodier ce moment de grâce